CRA et Auvergne 2017 

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CRA et AUVERGNE 2017 : Chaudes ascensions en  pays  des Salers et  de  Laroquebrou !

Tout  a  démarré  en septembre 2016  .Claude  et  Yveline , maîtres  d’œuvre  et  coordonnateurs de  première  ligne  pour  le  projet  de séjour  cantalou  du CRA lors  du pont  de  l’Ascension 2017 ont alors  fouiné sur le web  pour  dénicher   un grand  gite  auvergnat, s’en aller plus tard le  reconnaître , deux fois plutôt  qu’une,  et  négocier les tarifs .

Le lauréat  devait  assurer  la pension  complète  pour  un groupe  d’ environ 60  cyclos  tout en  confectionnant  des paniers –repas consistants  pour le  midi. Fine équipe  que ce CRA en vadrouille : toutes  et  tous  sont motivés  à la  fois par l’effort  sportif , le patrimoine  naturel  et paysager  et le bien manger  local. De vrais Albigeois  même  si quelques Aveyronnais d’origine y tiennent leur rang.

«  L’Auvergne, avec toutes ces  forêts, c’est  forcément  un pays  de  cèpes m’avait   d’ailleurs  aussitôt dit  Jacques de la Boulange de Champollion  , expert  en recherche de champignons grésignols . J’avais  acquiescé  mais  ouvert  le  compliment  à  d’autres  spécialités auvergnates : la  truffade, les tripoux, le pounti, les  bourriols, la gentiane, le  faux filet de  Salers , la potée, le  choux  farci, les  bières  artisanales (mais  si !) et  les  fromages . Le Cantal, le Salers, le Saint Nectaire, le  bleu d‘Auvergne, la fourme  d’Ambert . Ah, la  saveur du Cantal  et  du Salers selon leur durée d’affinage !

Laroquebrou  et le Val  de Cère.

Le choix de l’hébergement ,certainement  avalisé  ensuite par les hautes autorités du club , s’est porté sur le  Domaine  du Val  de Cère  et  ses 19 bungalows de 2 à 4 lits ,situé  , sur près  de 6  hectares boisés , à  Laroquebrou. en pleine Chataigneraie .  Il s’agit d’un ex centre  de  vacances  de la Poste ,  repris depuis 6  ans par  un jeune  couple, Fabrice  et Peggy et leurs deux aides, Viviane  et Laura. On les sent  volontaires pour redonner progressivement  éclat à ce  bel outil au décor  bucolique.  Jacques et Domi ont  aussi  pu  y  faire  stationner  leur  tout nouveau camping-car sur  un des enclos dédiés.

Commune médiévale  de 900 habitants  (environ) Laroquebrou  est fière de son label  de  «   petite  cité  de caractère » de son château  dominateur , de son pont du XIIIème siècle , de  son église  gothique et , sur une très haute  roche  de quartz, d’une  statue en fonte d’une Blanche Vierge. Le marché du vendredi anime  aussi  le  village. . Le GR 652,  connu  des  marcheurs   sur les chemins  de Saint Jacques  de Compostelle    rejoint  en 105  kms Laroquebrou à  Rocamadour  la  lotoise.

Distant de   25 kms d’Aurillac et  de 35 kms de Salers , ce village   a su conserver    aussi   deux   bistrots dont   l’accueillant Joker .On l’a fréquenté  à deux ou  trois en fin  d’étapes  du  jeudi  et  du  vendredi. Nous   y  sommes aussi revenus  à  une  douzaine  ,vendredi  soir,  pour  regarder  sur  écran télé la demi  finale de rugby  entre la Rochelle  et Toulon et  vibrer selon l’évolution  du  score . Ne manquaient  que des  jeunes   du  village avec lesquels  on aurait aimé monter  l’ambiance .

« Christiane  et Alain ont  su  faire  grandir la  côte  d’amour  pour La Rochelle  mais un carton rouge mérité  a  cassé  le  rêve. Joseph, autre  expert  de nos copains, a regretté  le placage  rochelais  trop  dangereux mais n’  a pas  contesté  la  décision arbitrale . « Dommage, mais  c’est  une  erreur  d’immaturité  d’un  Rochelais, à  ce  stade  de la  compétition. En plus, le  fautif  est  un récidiviste ! ».

Ce n’est  pas  forcément  connu partout  mais Laroquebrou  organise aussi  la  seconde  semaine d’août   un Festival International  de Boogie Woogie puis, en novembre une Foire  du Livre.  Pas mal !

Jeannot Fournol.

Claude , notre  G.O star  au curriculum vitae très sécurisant ,  a  aussi  pris  des  contacts   locaux  pour  concevoir   des  parcours  cyclos  ..Le  club de Siran l’ a alors orienté  vers un de ses membres, un certain  Jeannot Fournol, valeureux  cyclo  octogénaire , dur  au mal de  dos  , et guide pédagogue   de l’histoire du   barrage  hydro-électrique de Saint Etienne- Cantalès  et  de l’église  de Laroquebrou.

On a  ainsi testé  ses talents, jeudi après midi, après  notre arrivée à Val de Cère et un premier pique  nique   très raisonnablement  arrosé , à  notre  tablée , d’un Gaillac Blason de Sigolène  du Terroir  de Lagrave offert par Alain B, ce fin  connaisseur bachique  qui m’a promis  aussi de très bientôt  commencer à pédaler au  cardio. Affaire à  suivre, cher Alain.

Fin du déjeuner donc, ce jeudi. Sortie  des  vélos  et de leurs bipèdes vers l’entrée du  domaine.  Jeannot Fournol  nous y attend , discret , ponctuel et  motivé. Tous groupes  confondus, on le  suit   et on l’ écoute avec attention .Affirmer qu’on a tous  roulé  ce début d’après midi dans le  respect absolu des  conseils  de  sécurité routière récemment réaffirmés par nos édiles serait un tant soit  peu  exagéré mais les quelques automobilistes  cantalous rencontrés  se  sont montrés compréhensifs.

Premier   arrêt  au  barrage pour voir la retenue  des eaux de la Cère,  haute  de 70 mètres On  partage  son plaisir à  nous  dévoiler  les panorama  vers le Puy Mary  et le Plomb du Cantal. On l’entend aussi parler  de la  résistance  des ouvriers locaux  et  réfugiés espagnols contre les soldats allemands lors  de la  construction du  barrage ou  des maisons  sur l’eau  servant, beaucoup plus tard  à quelques  rendez  vous  galants. « Maintenant, ce n’est plus  comme ça »me dit-il  d’un sourire  gouailleur.

L’eau de source de l’ancienne tenancière du   café  de Saint- Mamet

L’après  midi s’avère, sans  surprise,  assez  torride. Les côtes ne sont pas  vraiment  terrifiantes  mais  elles font penser  à de  jeunes  rempaillous avides de   se  faire  remarquer. Au final , les compteurs afficheront une  cinquantaine  de kilomètres  et  un dénivelé de 720  mètres, semble  t’il. J’oubliais un détail importantissime : dès le  départ, quelques larges  traces  de  cambouis sur mon mollet droit   font  jaser quelques   cyclotes bien intentionnées.. J’assume.

Nos   bidons  se vident   lorsqu’on arrive  à  Saint Mamet. On cherche  l’ombre et on se  met  en quête ,sans  succès, de  trouver   un point  d’eau au  village , près  du stade, le long des maisons aux toitures  de lauze, lorsqu’un couple nous propose  spontanément de  tous  nous  abreuver. «  Suivez nous, je vous  en prie ! » nous dit la  dame.

Hormis sept ou huit de nos   cyclos-stars terminant leur périple  cyclo   entre Albi  et Laroquebrou et les accompagnantes marcheuses ou touristes volontaires restées à Val de Cère, notre  groupe  est  quasiment  complet. Certainement  plus  de 40  drilles. Nous  voici  donc  tous, devant la porte  du  garage  de  la  maison  de  Nicole  et Roger. . Nicole sort  des bouteilles d’eau fraiche  et claire de  partout. Et  son mari de nous préciser   depuis la  terrasse. « La  source  est toute proche ! »

« Oh, vous  savez, me  dit  la  dame, toute  souriante,  j’ai  tenu pendant 10 ans  le  café  du  village  de Saint Mamet avant  d’arrêter  et  de  laisser  perdre  la licence  car la  commune  n’a  pas  suivi. Je  regrette un peu .Les  cyclos, j’ai  toujours  eu plaisir  à  les  dépanner  en  eau. Et, vous  voyez, je continue  avec  vous.  Ca me fait même plaisir ! »

Merci, Nicole !Même si la suite  de la  visite  de Saint Mamet a pris  une  autre tournure. Après  une  halte  devant la chapelle  et la  table d’orientation en lave émaillée du Puy Saint Laurent, le groupe  a  enregistré  deux crevaisons. Les copains les  plus expérimentés ont « réparé » avec aisance .Leur tour  de main nous  a  bien fait  gagner  un quart  d’heure. Didier V , notamment, a  su pomper efficacement.  …

L’apéro-assemblée  de fin de journée et les prévisions  de parcours  de vendredi.

Moment  rituel attendu , l’apéro-assemblée ( pour ne pas  dire  briefing !) requiert la présence  de  tous. Les premiers  arrivés patientent généralement  en démarrant l’apéro avant   le  discours  du  gentil organisateur. Quel mérite surtout lorsque  Bernard et Marie ont préparé   un punch ou lorsque Joëlle la  bienveillante installe  sur les tables  amuses- gueule et autres tentations gustatives.

Ce jeudi, Claude  s’acquitte de sa mission en nous parlant   des différents  choix d’itinéraires  pour  le  lendemain. La palette  est large :  de 127kms  et 2620 m de  dénivelé à 79kms  et 1375 m de  dénivelé. L’ancien cheminot aiguillonne  ensuite  la parole vers l’assistance.

Tarnais-Lotois–Parigot et Cantalou  par mes origines  familiales au fil des  siècles , j‘émets  -en connaissance  de  cause -le  souhait  d’un parcours «  raisonnable » à  inventer pour ne pas quitter le Cantal  sans avoir accompli l’ascension du Pas  de Peyrol. « Pas possible, les  amis ! Trop beau et accessible par  tous,  car  entre 6  et 7% sur  douze  kilomètres.»L’idée fera son chemin. On en reparlera  le lendemain en fin d’après midi.

Le soir, assis à  côté  de Daniel E , président émérite  du CRA , j’approfondie  dans la bonne humeur ma connaissance du  club,  de  son histoire  et de ses membres. Daniel improvise  une  formidable  genèse de la préparation  collective de  la Semaine Fédérale, longtemps en mémoire chez les  cyclos  de France et  de Navarre.  On évoque  aussi le 40 ème   anniversaire l’année prochaine qu’il faudra marquer symboliquement par très une grande  sortie ( ?).

L’acoustique  de  la  salle  ne  favorise  pas la multiplicité  des  conversations même  si  tous  les  tons restent amicaux. Marc P  s’attaquera le lendemain soir à  cette épineuse  question en parcourant les  tables pour prêcher la modération. Il obtiendra gain de cause  quelques minutes et , finalement, contribuera lui aussi à l’ambiance  générale. Une histoire de vinaigrette  déclenche les rires avoisinants.

Le col de Bruel et la  double étape  du  vendredi  chez Pédro de Saint Cernin.

Vendredi matin. Notre  groupe  de 18 cyclos et  cyclotes (de niveau 3bis,4 et  suivants)opte pour  un parcours  théorique d’environ  1500 mètres de  dénivelé  et 90  kms reprenant la  route  de Saint Etienne- Cantalès  vers  Crandelles et Jussac avant  de  décider ensemble de la  suite   selon l’état  des troupes.

Au départ  de Laroquebrou, mes copains et copines les plus  costauds  du  groupe 3 corsent   volontairement la  difficulté  et s’en vont gaillardement   vers Salers pour  un programme  de 120  bornes  et 2200 mètres  de  dénivelé. Je leur  souhaite  bon courage !!

En route. Doc Françis donne  au départ un  rythme  serein à  notre  groupe  des 18 mais quelques côtes – ah Crandelles !- importunent  bientôt plusieurs  camarades  . Yvan assiste -à  l’insu  de  son plein  gré – à une  histoire  d’olivettes  mal en point dont il garde  le  secret  ( !).Claudie dévoile  ses talents  de  grande descendeuse .

La perspective  de  se  frotter au col  de Bruel et à la route  des Crêtes par la montée  entre Marmanhac , Laroquevielle  et la Croix de Cheules ne les incite pas non plus à  l’optimisme.   On se  sépare  en deux groupes  de 9 .La mission de liaison téléphonique quasi permanente est spontanément assumée  par Madame  et Monsieur Ferran, d’autant plus  qu’Yvan se  ressent  encore  du  syndrome  de Vaour « chopé » la veille. Il   choisit quand même  l’option la plus  costaud.

Ouf ! C’est  fait. La Croix de Cheules s’est méritée, c’est  sûr. Nous récupérons un moment  en atteignant  ses 907 mètres .Le plus dur  est derrière  nous..  .Rejoindre le  col de Bruel (1031m) s’accomplit  aisément avant  de  déguster la  descente  vers Tournemire  et  d’investir, sous la conduite de Jean Louis le Basque, une  aire  de pique nique ombragée  aux tables toutes  neuves. Le château nous observe  de  loin. On apprécie ensemble ce moment, Brigitte, Yvan, les deux Alain, les deux Jacques, Chantal , Jean Louis et moi. Jacques de Vigne Haut se  prend  alors  pour  un lézard  et  s’allonge  quelques minutes sur l’herbe en plein soleil.

Guylaine, Nadine, Sylvie, Françis , Claudie et  les  autres  complices  de ce  second groupe  des 9  , resté sur le plat, nous précèdent maintenant . Les téléphones Ferrand fonctionnent pour la  bonne  cause. « Faites  comme  nous, dit Guylaine, arrêtez vous  au prochain village, à Saint Cernin, au bar Chez Pédro. Le patron nous laisse pique  niquer sur  sa  terrasse et on lui prend une  conso ! »

On a  écouté, on a testé et on a apprécié. Pédro s’est  aussi montré très  affable  avec  nous. J ‘ai même  failli  en oublier  de  reprendre mon sac à  dos  au moment  de  remonter  sur  le  vélo  tant on avait plaisir  à converser. Lui aussi  était  content  car, en plus,  ses 18  cyclos-clients  inédits lui ont  gonflé son  chiffre d’affaires du jour. On ne regrette pas, bien au contraire. Partout, sur  ce périple  auvergnat, nous  avons  rencontré  des  gens aimables et attachants.

Vendredi soir, apéro , dîner, yoga , rugby   et  le reste

Retrouvailles  de  tous  les groupes pour l’apéro-assemblée. Les  stars                des groupes 1 et 2 ont  forcé  sur leur parcours et  certaines  semblent en porter quelques   stigmates. Mais leur vitesse  de  récupération est souvent  intacte. Henri , l’octo-compétiteur, a accompagné  les plus  costauds et cette expérience  le  rendra  plus  sage  à l’avenir. Le lendemain,  il testera la marche  à pied  avec  les femmes  du CRA.

Daniel arrive  à l’apéro, les traits  tirés . «J’ai fait le métier », me  dit  mon ancien  vendeur  de Sandero.  Joëlle  entretient Claude  de l’itinéraire  emprunté et ils  en  comparent certaines routes avec le parcours créé avec Open runner..…

Les  copains  et  copines  du  groupe 3  s’avouent  eux aussi  fatigués. « Salers, c’était  dur, plus  dur  que  prévu , me  dit Gérard G, mais  c’est  fait !  126 kms  et plus  de 2100 mètres  de  dénivelé.» Alain M m’avoue   ses  crampes  sur  près  de 60  kms. Brigitte, la  petite Lorraine, a puisé  dans  ses  réserves par  moments. Domi , pas vraiment. Elle n’en a  pas  eu  besoin, me  dit , admirative, sa  grande copine.

Les conversations  fusent autour  des 3  tables  de l’apéro. Avec la fatigue, l’idée d’une  ascension tranquille du Pas de Peyrol progresse de  çi de là.. On se  retrouve finalement  douze  à  décider maintenant mais   pour le lendemain d’un convoi en voiture  jusqu’au village  de Saint  Simon, de l’autre  côté  d’Aurillac  « Ensuite, en  vélo, ce  sera beau et réalisable! » Départ 8H30.

Le  dîner se  veut  attentionné. Quelques  cèpes agrémentent le plat principal. Réunis  au  sein d’une  même  tablée, on s’échappe  à une  douzaine  pour  rejoindre l’écran télévisé du bistrot Le Joker . La demi  finale  de  rugby  entre La Rochelle  et Toulon commence  bientôt. « La Rochelle  va  gagner, c’est  logique  et  c’est  sur, dit Christiane…. D’ailleurs, avec Alain,  on sera chez  eux  quand  ils  rentreront  vainqueurs de  la  finale. Car là aussi, ils  gagneront».

Un carton rouge, 30 minutes  avant  la  fin du match,   a  stoppé  ce  rêve. « Y ‘ a  faute. Ce placage dangereux  est  une  erreur  d’un  Rochelais à  ce  niveau  de  compétition .Dommage  mais le  fautif  est  un récidiviste !» nous  dit  Joseph,  l’un des  copains des plus  experts.

Au même  moment, après  dîner, Nadine propose  de  partager  en salle  de  gym ses  compétences  en yoga  et  relaxations du corps et  de l’esprit. Il  y est  aussi  question de fouet. Et elle est  écoutée.  Le dernier  soir, la  salle  est  quasiment comble. Je suis  impressionné  par  la maîtrise  et la  sérénité dont  Nadine  sait faire   preuve  à  vélo  lors de la gestion des  passages  difficiles de toute sorte .

Il est  temps  d’avouer  le  reste. J ‘en  connais  deux, un certain Gérard  et un nommé Michel, qui, vendredi  soir,  au retour  du match télévisé  de rugby  entre La Rochelle-Toulon , pourtant  sains  de  corps  et  d’esprit, se  sont  trompés  de  gite  et  ont investi nuitamment  la  chambre  d’un couple du CRA en plein sommeil. Sont ils les  seuls à s’être trompés une fois  ou l’autre de bungalows ?Pas sûr !

Doc Françis, les rayons , les tiques et le Père Noël 

Doc Françis aime  bien raconter  des histoires  belges  et en créer lui-même par autodérision. Il m’a raconté sa propre  histoire  du  rayon auvergnat.

Dans l’après midi  de  ce  vendredi, un des rayons  de  sa roue  arrière  s’est  détaché. La roue – pas forcément  jeunette- s’est  voilée, les  patins ont frotté plus  que  de  raison.Doc Françis  a  bien  senti que la longue  et âpre  côte  qu’il était entrain de  gravir lui  demandait beaucoup d’efforts , peut être plus  que  d’habitude, mais il  ne  s’est pas arrêté pour  autant et ne s’est pas posé  d’autres questions. Les  vaches Salers  parlent  encore  entre  elles de  cette impressionnante  crinière  blanche , avant et arrière, longtemps  entrevue sur un vélo à la peine. Un peu  déçues que  ce  soit  finalement  un humain. Quant à Francis, nouveau propriétaire  d’une  nouvelle  roue  aurillacoise achetée spécialement en fin de journée , il….rayonne  de plaisir…  en repensant à son exploit involontaire. « Tu  comprends, Michel, que la volonté  belge n’est pas une vaine  invention ! »

Le  toubib n’a pas pu rester incognito longtemps. Le groupe  des marcheuses  et  d’Henri (un seul  homme au milieu d’une   dizaine  de muses) l’a sollicité lors  de l’apéro  du  vendredi  avec espoir  et  inquiétude. Pour  cause   d’arachnides acariens :les Ixodida, appelées couramment tiques.

« Françis, dis nous  vite, que  faut il  faire  avec les tiques ? » Il se  fend  d’un exposé –clair et pas forcément rassurant- puis   commet   ou conseille dans une  chambre  du gite le plus proche  quelques  extractions avec tire-tique . L’origine  des tiques de nos marcheuses  reste à  ce  jour  incertaine : sieste commune d’après déjeuner-rando, pause pipi ?…Le jour  de l’attaque  des ixodida n’est  plus   garanti. Le mystère  des tiques cantalouses  reste  entier.

Enfin, lors de l’ultime déjeuner  du  dimanche, en terrasse  du  restaurant  du  fils  de Jeannot Bournol près de la plage  de Rénac, Françis  fait  le  bonheur  éclair  d’un gamin .Yeux grand ouverts, innocence  en bandoulière, le minot s’écrie   « Maman, le Père Noël est  là ! » Que lui  a  dit Françis ? je  ne  sais  mais  je  les  ai  vus  tous  deux , très complices, parler un petit moment.

La Jordanne et notre Pas de Peyrol, samedi

Très bon souvenir. Notre  groupe  rassemble 5  cyclotes  et 9  cyclos  d’au moins 3  niveaux différents, ce qui , en terme de parité et de co-habitation technique  , constitue  peut être  un record pour un groupe  mixte  du CRA.. On y  voit plutôt  une  double chance  qu’un  handicap pour  passer  ensemble  une  belle  journée cyclo-paysagère et gravir  un  des cols symbole  de l’Auvergne  et  du Cantal. Le Tour de France lui-même  le  connaît  bien  et  a su y  corser la  difficulté en 2016 en  faisant grimper les coureurs  depuis Salers. L’ascension initiale par  Neuronne s’y fait habituellement   gentiment  mais  les derniers 2,5kms  d’avant Peyrol  flirtent  avec les 10,3%,12,8%et 11,4%.

Nous, raisonnablement, on a choisi l’ascension depuis Mandailles .De  plus, souvenez  vous,  la  veille, nous  nous  sommes tous mis d’accord  pour rejoindre  ce matin en voiture  le  village  de Saint Simon  et nous  dispenser  ainsi  du  tronçon Laroquebrou-Saint Paul des Landes-Aurillac au fort trafic  routier. On -concentre  ainsi la  rando  sur -60  kilomètres,   1000 mètres  de  dénivelé et une  ascension du Pas  de Peyrol sur 11kms pour  une pente moyenne  d’un peu plus  de  6%.

Nous  voici quittant Saint Simon pour  remonter progressivement la  vallée  et les gorges de la Jordanne  par Velzic, Saint Cirgues et  Saint Julien de Jordanne et Mandailles. Arrêts réguliers à l’entrée des  villages pour s’assurer de l’intégralité  du  groupe dont Bernard assure  le  serre-file,, prise de photos ou ravitaillement en  eau, discussion avec un épicier ex pompiste ayant  su conserver sa pompe  de 1937 pour le  plaisir  des  yeux.  Montée ensuite, chacun(e) à son rythme jusqu’au  Pas de Peyrol . Efforts soutenus mais  supportables  jusqu’au col de Redondet permettant d’apprécier les paysages ,les  estives, la végétation. D’entendre  les  cloches, les  clarines  des Salers. Un régal !

A chaque  changement  de kilomètre, un panneau indique le %de la pente.. Je  crois  avoir  lu  une fois  6,8%  et  une seconde  8,5%. Un cyclo   rencontré à Peyrol m’a  aussi  parlé de 7,1kms à 6,8% entre Rudez et le col de Redondet.

Découverte  surprise  ensuite d’ une  légère descente ,d’une petite remontée et impression d’un    dernier kilomètre très roulant. Selon notre  ordre d’arrivée, on se  réunit sur la ligne du sommet   pour encourager vocalement les derniers cent mètres du prochain cyclo  du CRA. On jette  un œil  à  la  sculpture  de  basalte en hommage  au  vélo Beaucoup plus  massive  que  celle  du Tourmalet  mis  élégante  aussi..Les appareils  de photo fonctionnent  aussi  devant le  panneau attestant  de l’altitude (1589 mètres) du Pas de Peyrol.

Peu de circulation durant la montée, quelques  saluts  de  cyclos  descendant mais, malgré les parkings officiels, un léger sentiment  d’irrespect  du  décor naturel au sommet. Trop  de motos  arrêtées  au  même carrefour avant d’enclencher  bruyamment  , pour  certaines, leur moteur  , un camping  car immobile plus  de 10 minutes, des voitures peu ou pas du tout  disciplinées. . La panne  du  vidéo  de la Maison des Volcans, l’absence  de  dépliants 2017 .

Malgré tout  cela, quand on lève les yeux vers les montagnes, c’est l’émerveillement. Un quart  de  seconde, on oublie  tout.  J’observe mes  complices  les plus proches. Sylvie  se  rappelle sa  participation à la Semaine Fédérale  d’Aurillac .Alain V jubile, vainqueur  absolu  d’une longue période d’inactivité sportive. Chantal  et Jacques sont  heureux, Doc Francis aussi, tout en conservant  un brin de  retenue belge dans  son euphorie. Joseph  sourit intensément. Marie First Lady  et Grand Saint Bernard  apprécient ces moments  d’ascension moins difficiles qu’hier  et  si  beaux. Nadine  se remémore nos vifs  encouragements sur la  ligne d’arrivée et s’intéresse  à la Maison des Volcans. Brigitte  apprécie et immortalise l’instant , Gérard P pose le  vélo et  s’en va  chercher  de l’eau  au chalet. Chapeau l’ami  octo-cyclo .Bel exemple ! N’aurais tu point  inventer sans  t’en rende  compte l’élixir de jouvence ?

La foule  assise sur les bancs  des  tables  du chalet de la famille Benet reste  bon enfant mais elle  est  déjà assez  dense. J’imagine  ce qu’il en adviendra  l’après midi. Restent   quelques   bipèdes  courageux  prêts à  escalader les marches et les inter-marches menant, tout là  haut, au Puy Mary. Un jeune  athlète surgit  en  courant  sur le  dernier  kilomètre sans qu’on  devine  d‘où il arrive.

Dans le  ciel, un petit avion aurillacois  se  livre à d’audacieuses  voltiges .Après une  bière  ou  une autre boisson salvatrice ,on pique-nique sur les premières marches avant d’entreprendre une  descente des plus  douces jusqu’à Mandailles.  pour   s’imprégner, encore , du paysage. Gérard P y  connait  un arrêt …renversant. Il se  relève  et  sourit  de lui-même.

Retour  zen en vallée descendante jusqu’à Saint Simon. Courte escapade au  village jusqu’au  vieux pont  et au tilleul ( le Sully) de plusieurs  siècles .On trouve porte  close  devant les  deux  bistrots  du  village  et, penauds,   on décide de  rentrer  à  Laroquebrou  pour une  opération «  Corona en gite présidentiel ».Notre plan B. La Corona  est d’ailleurs  suivie  d’une Leffe.

Le soir, chacun apprécie  le  faux filet  de Salers accompagné de  quelques morilles et plus  d’un convive se régale   d’un deuxième  service. Fabrice  , le patron-cuistot-paysagiste  et  homme à tout faire  du  domaine  est   complimenté en cuisine  par Claude  et Bernard.

Ensuite,  en terrasse des  gites, les  conversations  entre co-locataires  se prolongent d’elles même .Comme  si on ne  souhaitait pas en terminer avec  ces 3 jours «  hors  du  temps » où  chacun a  joué la  carte  d’un séjour  sereinement  collectif. Ré-oxygénateur  du corps et de l’esprit. J’apprends  ainsi, par  sa  fille, quelques  bribes  de  la  vie  d’un ancien forgeron aveyronnais .Mon pote  et  compagnon  de  chambre, Jean Louis , discute de  son côté de plusieurs aspects de la vie associative avec un orfèvre en la matière.

Séquences  tendresse et patrimoine

Plusieurs   photos  déjà publiées sur le  site  du CRA  http://cra.ovh/photos/wppaspec/oc1/cv0/ab51 symbolisent  de beaux instants de tendresse.

Sur l’une, à l’heure  de l’apéro-assemblée, Claude  et Yveline , émus, s’embrassent  spontanément   après avoir révélé  à tous  leur tout proche  cinquantième anniversaire  de mariage. Tout le monde  applaudit, heureux  de partager  cet instant  de  bonheur et de les remercier en même  temps  de  leur totale implication pour la préparation du séjour.

Sur l’autre, dans la  salle  de  restaurant, lors  du  dessert du dîner  du  samedi , Patricia  souffle  la  bougie  de  son anniversaire  sous le regard un tantinet ému de Daniel, le plus  fervent    ambassadeur  cyclo   raisonnable du Calvados m’a ‘ t’il  été  rapporté plus tard  par quelque  fin observateur  de la  vie  interne du CRA .Là  aussi,  tous les présents applaudissent et partagent cet instant.

Je  me souviens aussi  , jeudi  après midi, du bras protecteur ( et pousseur)  de Patrick G sur la  selle  de Christine afin que  sa  femme  maîtrise  en permanence la rando autour  du  lac.

L’Auvergne  a manifestement  séduit le CRA. Les commentaires de nombreux  copains  et  copines se rejoignent   .«  Que  cette Auvergne  est  belle, verte,  propre et sans déchets au  bord des  routes …. que les maisons   aux pierres volcaniques  en basalte  ( réponse à  une  question de Jacques C) des  villages  traversés sont souvent bien rénovées … que les  fermes  entrevues  sont  bien tenues- les anciennes  en pierre  comme les  nouvelles en charpente métallique  et panneaux  solaires-  que les  vaches Salers  à la  robe  de  feu  et  aux cornes en forme  de lyre  sont  belles! Franchement, quelques  campagnes tarnaises pourraient prendre  des leçons !»

Mêmes réflexions admiratives  envers Salers, visitée  dimanche  matin par pas mal d’entre  nous , avant l’arrivée  vers 11h des touristes  traditionnels.

La séparation du  groupe, dimanche, après le pique  nique  au resto Fournol , en plage Rénac, s’est opérée  avec déjà un petit  goût  de  nostalgie.

« On reviendra, m’ont  dit  beaucoup ».

Je  vous  le  souhaite. En attendant, allez, vive  le  vélo !

Michel DOUMERC ( 31 mai 2017)