Voyage aux Baléares

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Le poignet de Tony et la couleuvre de Majorque.

8 octobre 2019. Village de Port Pollença, au nord de Palma. Fin de matinée ensoleillée autour de la piscine de l imposant hôtel Cabot et de ses bars , devenus pour trois jours camp de base de notre délégation de 41 membres du CRA :38 «vaillants» retraités et 3 «enthousiastes» actifs : Béatrice C, Christine et Patrick G .Cette villégiature complète une immersion de quatre jours en un village européen de vacances près de Palma .Le tout constitue notre voyage découvertes cyclo , rando pédestres ou marches paysagères et culturelles de l ‘île de Majorque avec l‘assistance renouvelée de Deltour Voyages et , cette année, d’ Anthony ,le troisième du trio des chauffeurs ,avec Vincent et Bernard. Les cyclos rêvent très fort de leur prochaine ascension de «la Colobra».La fameuse couleuvre de Majorque.

Quel tombeur, ce Tony!

Ce matin donc, notre dernier jour aux Baléares, l ‘indolence gagne les troupes revenues de leurs sorties et les quelques adeptes du farniente intégral . Une info se propage soudain, au retour du groupe 1 du phare de Formentor.
« Putain!,.. Moche, la matinée du groupe des costauds. ….! Y’ a eu des chutes dans un tunnel! Michel P s’est pas mal râpé le coude mais , surtout, Tony en apercevant la chute devant lui a voulu éviter de faire dégringoler d’autres gars derrière . Résultat, en s’écartant, il est tombé seul mais il est mal tombé. Le haut du poignet est touché.Fracture?Fissure? La hanche le fera aussi certainement souffrir! Il a fait tout le retour avec une seule main sur le vélo. Il est dur au mal mais il souffre».
Les sourires s‘estompent devant cette malédiction. On est quelques uns à savoir que pareille mésaventure lui est déjà arrivée dans les mêmes conditions lors d’un Tour de Sardaigne. Quelle scoumoune pour ce cyclo randonneur des plus expérimentés!
Un secouriste de l’hôtel Cabot et Nadine E ,notre infirmière- cyclotte Saint Bernard des Tamalous déjà sollicitée pour un bobo ce matin sur la route de l ‘Ermitage de la Victoire par un autre Michel, s’affairent conjointement.Ils tentent de calmer un peu la douleur, transforment un linge en attelle ,maintenant bras et poignet. Tony ne souhaite pas consulter un médecin ici et s’apprête à dominer les douleurs du retour.
On tchatche tous les deux. On repense à notre sortie en bateau , quelques jours auparavant, avec Christiane, sa femme, et Daniel B surnommé Bunny par ses copains de fac et surtout à notre baignade-surprise en pleine mer … . Sourires complices.
De retour à Albi, le lendemain après midi , Tony ressortira des urgences avec pour diagnostic une fissure du poignet et un énorme hématome à la cuisse.21 jours de repos forcé et de port d’une attelle au poignet avec la nécessité d’un bilan intermédiaire au bout de 10 jours.. Voilà. Chapeau pour le courage.Et la patience.D’autant plus que, finalement, de nouvelles radios révéleront une fracture et’une entorse.Et des délais de convalescence en forte augmentation.
Place maintenant à d’autres souvenirs de ce séjour à Majorque!

Le dîner barcelonais, la guide Paloma de Palma et le bedeau.
Ah, le débarquement à Palma avant même le lever du soleil ! Après une courte nuit en cabine précédée la veille d’un dîner surréaliste dans l’un des parkings du port barcelonais .Je nous y revois tous ,en longue file, accolés sur un muret,
On y avait humé les vapeurs d’essence, admiré une caravane américaine des années 60 ( une Airstream Clipper faite d’aluminium, d’acier et de bois). On y avait aussi apprécié quelques verres de Gaillac blanc sec du domaine de Cancès , les biscuits de Christiane A et la fouace arthésienne d’Alain et Christiane M. Guylain H avait même délivré un avis positif sur le rapport qualité prix du Gaillac.Ouf!
Je repense aussi au petit déjeuner sur le bateau. Le plus maladroit d’entre nous a renversé son plateau. Sans culpabiliser et avec le sourire de tous, personnel et cyclos.
Second jour donc, Paloma nous guide dans Palma et ses quartiers..Sachant vulgariser sa grande culture, nous intéresser à l ‘histoire des civilisations romaines, catholiques et arabes présentes à tour de rôle sur Majorque, et à leurs conséquences. Maîtrisant la langue française avec ferveur.Quitte à gronder le groupe dont plusieurs membres stationnent( trop?) longtemps devant des boutiques pourtant proches d’immeubles témoins de période artistique réputée , tel l’architecture moderniste.
Seul, selon l ‘attentive Brigitte K, un mot, au cours d’une phrase, a pris un drôle de dessus sur un autre: estropiés au lieu d’expropriés. Paloma,on t’aime quand même et on te souhaite réussite dans ce boulot à ton compte exercé de février à octobre.
Forts souvenirs que la colossale cathédrale de Palma , au dessus des fortifications médiévales, sa rosace comportant une étoile de David , ses 83 vitraux , le palais de l’Almudaina et ses doubles influences musulmanes et chrétiennes ,les quartiers historiques juifs et arabes, la sculpture de savon usé de Miro et son pigeon altier!.
Le top du top demeure cependant l’autoritarisme avec laquelle le bedeau de la Cathédrale nous a enjoint de quitter l’édifice . L’ heure de la messe approchait.Ses fidèles aussi.Moins nombreux que notre groupe. Autem ex Déo? Non credam.
Fergus Hôtel, Valldemossa la Chartreuse de Guylaine, Yvan, Chopin, Miro et Picasso.
Les premiers pas à Peguera en l ‘ Hôtel Fergus Club Europa nous ont interloqués, Claude L et moi. Mais où donc arrivions nous?Comment rentrer dans cette bulle inventée pour un tourisme massif de jeunes familles britanniques et allemandes, principalement, avec enfants en poussettes ou de bas âge, consommatrices sur place de pataugeoires, toboggans nautiques, transats, buffets, boissons gazeuses et bières à volonté, animations sonorisées jusqu ‘à 22 heures de type Halloween? Et comment ne pas remarquer l‘obésité d ‘une proportion certaine de ces clientèles actuellement en vacances scolaires , toutes générations confondues?Et nombre d’assiettes débordantes puis délaissées à moitié pleines sans scrupule? Gaspillage!!!!!!
A voir d’adipeux Teutons, on se sentait quasiment élancés, effilés,fuselés.Bon, je sais, faut pas rêver….
Aidés par le couple Ferran, nos mentors ont proposé une excursion à la rencontre de Chopin, la seconde idole de Guylaine…. après Yvan et ses nombreuses qualités.
Dans le car d’Anthony, Guylaine, la plus discrète des pianistes de haut niveau d’Albi, nous a relaté le court séjour hivernal en 1838 de son musicien préféré et de Georges Sand en la Chartreuse de Valldemossa. Et a ajouté «Nous, avec Yvan,on y est allés en 1975! C‘était formidable.Alors, aujourd’hui!…»
On a suivi ses conseils.Visité l ‘église néo-classique, l ‘ancienne pharmacie et ses bocaux,on est passés devant le musée, la maison et la chambre- cellule des tourtereaux , tous maintenant privatisés ou non intégrés au déjà consistant ticket d’entrée générale.On s’est attardés devant un atelier d’imprimerie et une salle consacrée à l’archiduc de Habsbourg-Lorraine. Surtout, on a aimé d’autres salles consacrées à des peintres contemporains. Marie avait peine à s’arracher des lithographies de Miro et Picasso…Nous aussi. On s’est consolés avec le jardin.On a trouvé remarquable cette réanimation artistique d’un si grand bâtiment historique.
L ‘ascension de la Colobra, de l’insidieuse pression préalable au plaisir partagé de la réussite au sommet .
A Peguera, lors des sorties vélo, des apéros, des briefings, des repas ou des pots du soir, on a tous senti monter progressivement la pression de la journée de dimanche. Celle de la couleuvre majorquine.
C ‘est la journée clé de notre séjour à Majorque.On doit quitter Peguera et le village de vacances pour Port de Pollença et l’hôtel Cabot, au nord ouest de l ‘île. Mille et une hypothèses ont été avancées pour réaliser en vélo ce transfert.Mille et un commentaires ont été faits sur la difficulté du parcours. En y repensant, je souris car, en fait, chacun et chacune subit et alimente la pression.Exemples:«…Y ’a des sections de virages en épingle à 17%…,le dénivelé est de 700 mètres en moins de 10 kilomètres…la pente de 7%en moyenne… on va aussi en baver car la route, construite à la main dans les années 30 est étroite et les cars de touristes nombreux..heureusement que les chauffeurs sont sympas ….tout cyclo venant à Majorque doit vaincre les 26 virages en épingle et le célèbre nœud de cravate…moi, je monterai par paliers nous expliquait Jean Pierre E , membre de la Confrérie dCent Cols , auteur de 1310 montées .J ‘en reste coi, mon Capitaine.
Finalement, on a rejoint Soller en car avec tout le groupe.Puis, on a enfourché les vélos jusqu ‘au proche Port Soller pour embarquer en chaussettes sur un bateau déversant au bout d’une heure de traversée et 38 kms ses flots de touristes à Port Colobra. . Gérard G, André K et Bernard B s’en étaient préoccupé la veille.
Là, après un coup d ’oeil à la crique et aux nombreuses nuances bleutées si claires de la mer, on s’est réconfortés par une photo de groupe ( 18) et on s’est lancés dans notre ascension.La suite est affaire et ressenti personnels.Je respecte. Au sommet, au fur et à mesure des arrivées, un sandwich caoutchouteux d’une main et le coupe – vent fermé, on a apprécié le moment en se remémorant les efforts, les paysages, l‘intensité de quelques virages, les rencontres éphémères. «Cette couleuvre, on l ‘a tous bien attrapée !»J’avais personnellement le sentiment d’avoir atteint mes objectifs sportifs du séjour.José aussi a bien géré sa montée.
Assis ensemble sur un muret, on savourait notre réussite individuelle et collective .

Immersion chez les Tamaloutes et Tamalous et leur guide suprême Jean Pierre E
Deux jours de sortie avec le groupe des costauds et l’ascension de la Colobra m ‘ont fait comprendre que je ne saurais conserver leur rythme chaque jour , surtout lorsque l ‘un d’entre eux – pas toujours le même- se met à enclencher la mobylette sur le plat et que d’autres côtes nous attendent. De grands écarts se creusent parfois. Les gérer en arrivant à un giratoire multidirectionnel reste très difficile.
Une première sortie avec les Tamalous m’a comblé de plaisir et de sérénité . Elle ne saurait être un choix par défaut.L ‘effort physique à Saint Elf , s’accompagne de haltes-café-photos bord de mer, de regroupements fréquents . Chouette!J’aime.
Cyclottes et cyclos électriques savent nous devancer dans les montées avec tact et humour. «Désolée »m ‘a dit plusieurs fois Christiane M en ces circonstances.Et Nadine C de me doubler avec un gentil compliment à la clé.Jacques C reste discret.
Preuve d’une nécessaire endurance commune, Tamalous et Costauds , à un jour d’intervalle, ont accompli le même parcours vers le phare du Cap Formentor. Notre groupe a connu quelques moments venteux au sommet de la première montée mais il les a majoritairement vaincus pour profiter ensuite d’une route sinueuse et super confortable s’avançant entre des montagnes rejoignant la mer. Instants de bonheur où l’on comprend le sens de la beauté paysagère. On aimerait y demeurer longtemps.
Et que dire de l ‘ultime sortie concoctée par Jean Pierre vers l ‘Ermitage de la Victoire? Une balade de 35 kms longeant souvent la mer mais un dénivelé de 350 mètres environ dû à quelques passages entre 11et 12,5%;Et quelques chèvres rencontrées par çi, par là..La devise du CRA se porte bien chez les Tamalous :on est partis ensemble et on est rentrés ensemble. Super!Y serai-je de nouveau convié?
Quelques gorgées de bières et autre plaisirs majorquins
Douces les bières d’après sorties, en terrasse de Fergus , en attente de l ‘apéro-briefing officiel. L ‘heure de la récup permet aussi mieux faire connaissance .De parler de tout. De s’informer sur les randos , visites de réserves naturelles et marches d’Yveline A, Joelle B,-Christine G, Françoise H,Francine P, Edith T, Monique S, Andrée D,, Maryvonne B,Josiane L…De remarquer Claude L arborant un magnifique short jaune et de le lui dire .De s’apercevoir que Marie B ne porte pas ses lunettes noires .Sans elles mais avec une mignonnette jupette rouge, elle descend avec assurance et élégance l ‘allée centrale…
Drôle, la tête de quelques un(e)s dans le car lorsque , le premier soir, la guide nous a fait croire que les cabines du bateau ne disposaient pas de toilettes et qu’on devrait arpenter les couloirs pour trouver des WC.
Intéressants les échanges d’après dîner à cinq ou six sur le «bon»rythme à trouver pour conserver l ‘homogénéité d’un groupe durant tout son parcours, sur les rôles de capitaine de route et de serre-files, sur le traçage numérique des itinéraires à mettre à disposition avant les sorties, sur l ‘apprentissage de l ‘utilisation des outils numériques dédiés au vélo, gps, compteurs, applications…

L ‘Europe des langues, les horaires de bus majorquins et la poésie-spectacle du Cabot
Interpellante, cette maîtrise de plusieurs langues européennes par une partie du personnel de service ou d’animation. L’animateur maison de la soirée Halloween, en poste le midi au bar de la piscine Fergus parle 6 langues. Significative aussi l ‘origine malienne, sénégalaise, jamaïcaine, guinéenne équatoriale de plusieurs serveurs, grilladins ou jardiniers avec lesquels nous parlions français..Je me souviens de Nian en poste à la plancha de l ‘hôtel depuis 8 mois me confiant ,radieux, « bientôt 4 mois de vacances , chez moi, au Sénégal».Et de son sourire devant mon short ivoirien
Inédite aussi, la conférence impromptue de Béatrice C sur le thème Randonnée pédestre, téléphone personnel et horaires des bus majorquins. Ses explications ont rassuré les présents lors de son apparition en fin de service du dîner, à l ‘heure où la salle allait se vider. Au cas où d’autres membres du CRA n ‘auraient pus être informés le soir même, une synthèse de la conférence de Béatrice a été faite le lendemain après midi au micro du car lors du déplacement vers la Chartreuse.
Emouvant et poétique le spectacle du couple d’artistes italiens, le premier soir à l’hôtel Cabot de Port Pollença. On a un peu parlé avec eux « C’est difficile, ici» nous ont ils dit devant les clients inattentifs, calés dans leurs fauteuils, cerveza ou sangria à la main. Et pourtant que de poésie dans les figures d’ombres inventées! Quel talent!.Jean Pierre B, mis à contribution pour le lancement complice de quelques arceaux, y a gagné le surnom de seigneur des Anneaux. Une sacrée référence.

Dernières visites culturelles et retour à la vraie vie.
Alcudia et ses ruines romaines fermées en octobre nous ont surtout laissé le souvenir d’un centre historique dédié au tourisme commercial. On a plus apprécié Arta , son chemin de ronde, ses rues, les portes rénovées des maisons et son église chrétienne conservant des fortifications musulmanes On se souvient aussi , ici, de notre happening routier: à plusieurs, on a réglé la circulation pour permettre à Anthony d’effectuer une longue marche arrière remettant le car et sa remorque dans le droit chemin du parking. Les Majorquais souriaient en nous voyant faire.
Le dernier tour de piste à Palma nous a fait découvrir quelques quartiers autour des ramblas .Aux bruits de la ville, on a compris aussi que notre bulle des vacances se terminait et que la vraie vie reprendrait très vite.Après la Jonquera.
A16 heures, ce mercredi 9 octobre, parking albigeois de la Milliasolle, c ‘en était fini du séjour enjoué à Majorque.Place aux souvenirs, au maintien des liens amicaux noués sur le vélo ou à table, aux retrouvailles place Pelloutier avec tous les comparses du CRA. Allez amicalement et vive le vélo et la couleuvre de Majorque! Bon rétablissement à Tony. Michel DOUMERC (12 octocre 2019)

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