La soirée surprise des hommes du SDIS pour les cyclos du CRA
Le Mardi 19 mai 2026
SDIS et CRA. Derrières ces acronymes, deux univers vivent habituellement leur vie propre sans connexion. Sauf, et ceci se produit maintenant un peu plus, lorsqu’ un(e) cyclo chute ou subit un dommage nécessitant l’intervention des secours. Et le réflexe du 18 ou du 112 les fait souvent se rencontrer momentanément.
Deux éminents membres du CRA et proches du SDIS se sont récemment emparés du sujet. En connaissance de cause. L’un, Patrick, est le délégué Sécurité du Club, le mari de Christine et le papa du commandant du centre de secours principal d’Albi. Le second, Christophe est l’ancien patron du SDIS du Tarn. Il y a même exercé ses fonctions vingt-deux ans.
Avec la bénédiction de Jean-Louis, le capitaine (de route) et président du CRA, les contacts ont été pris et un sacré programme de visite du SDIS à l’intention des cyclos a été créé.
Nous voici donc, ce lundi 19 mai, rassemblés devant le site de l’état-major et accueilli par ses hauts responsables. Tous interviendront à un moment ou un autre de la soirée : À l’état-major du SDIS, nous sommes accueillis par le colonel Jimmy Gaubert, directeur du SDIS du Tarn. La présentation du centre de traitement des appels (CTA) et du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) sera effectuée par le lieutenant-colonel Sylvain ESLAN, sous-directeur opérationnel et par le lieutenant Alain AYMERIC, adjoint au chef du service CTA. Le centre de secours principal (CSP) d’Albi nous sera présenté par le Commandant Romain GOULESQUE chef de centre et nous y rencontrerons aussi, en extérieur, l’adjudant-chef Nicolas SERRES, sous-officier formation.
Joli programme. En fin de prise du premier contact, un des officiers fait allusion à une surprise SDIS montée à notre intention. Sur son visage, se dessine un léger sourire énigmatique.
En salle CDA-CODIS, on découvre-en live- le traitement d’une alerte et on suit toute la procédure numérisée du traitement d’une alerte théorique provoquée par un cyclo. Les explications dépassent largement le minutage prévu car les explications sont intéressantes, nos questions nombreuses et un vrai dialogue se crée. On sent chacune des deux parties contentes de communiquer ainsi, de partager un métier-passion et un loisir-passion à risques.
On a appris, compris le domaine d’intervention des pompiers, leur dualité départementale et nationale et les conditions de réussite de leurs interventions. On a réfléchi ensemble sur la numérisation des procédures, l’arrivée de l’intelligence artificielle, les moyens aéroportés, les relations avec les collègues et néanmoins amis du SAMU » ou de la gendarmerie.

On a ensuite visité le centre de secours principal d’Albi, pénétré dans le garage des engins d’intervention, fourgons, camions et drone, avant d’être conviés à l ‘extérieur près d’un fourgon ambulance.
Là, l’adjudant-chef formateur se présente, explicite ses missions d’intervention avec un jeune sapeur volontaire avant de nous révéler la surprise du SDIS à notre intention : nous devons simuler un accident entre une voiture et un vélo. Scénario complet, depuis l’appel via le 18 et la conversation avec l’opérateur jusqu’à l’arrivée des pompiers et la prise en charge de la victime. Bernard T joue le rôle de l’appelant du 18 et moi celui de la victime. Dans un autre groupe, Jean-Pierre L et Patrick G. feront de même.

Rien n’est omis dans cette malicieuse et très pédagogique mise en scène : Bernard doit répondre avec calme et précision aux questions tout en s’assurant que je ne passe pas de vie à trépas. « Oui, il respire, il est conscient. Bon, il a bien 55ans (20 de plus en vérité). C’est moi qui l’ai renversé avec ma voiture. Non, il n’a pas de plaie ». C’est lui la plaie, rajoute une âme charitable du CRA assistant au spectacle.
Pendant ce temps, allongé de tout mon long sur la chaussée (et affublé d’un tee-shirt remis par l’infirmier), je geins et je me plains régulièrement de la hanche et du dos. A l ‘arrivée des pompiers, je n’écoute plus les commentaires sarcastiques du témoin Robert et me laisse guider par mes sauveteurs.
Leur ton posé, bienveillant et ferme, inspire confiance. Ils me parlent souvent, expliquent leurs gestes avant de me manipuler. Je m’en remets à eux sans oublier totalement la douleur de pose de la minerve ou d’installation sur le brancard pliable et réalise soudain mon état de (véritable) consentement. J’obéis à leur demande de ne pas bouger même un peu serré dans la couverture.
L’aventure se termine dans l’ambulance. En en sortant, je remercie et complimente mes sauveteurs tout en étant finalement heureux de retrouver les copains.
La soirée surprise des Hommes du SDIS pour les cyclos du CRA nous a comblés. Insolite, intéressante, formatrice, préventive et même…participative. Merci à tous ses concepteurs et réalisateurs côté SDIS et côté CRA et…compliments aux parents Goulesque !
Michel D. (texte)
Bernard T. ( photos)
JP E. (publication)
